L’épuisement professionnel snobé par la majorité présentielle
La Guilde des auteur·ices réalisateur·ices de reportages et de documentaires déplore que le rapport de la mission d’information du Sénat consacré à l’épuisement professionnel ne soit pas rendu public. Alors que ce rapport confirme qu’une crise sanitaire majeure est en gestation, pourquoi invisibiliser des travaux qui permettent de mieux la comprendre ?
La mission avait auditionné des organisations du secteur culturel représentant des salarié·es comme des non-salarié·es. L’audition de la GARRD avait permis de :
- mettre en lumière l’ampleur des risques psychosociaux (intensification du travail, précarité économique, isolement professionnel, harcèlement, pressions psychologiques, insécurité) dans le secteur de l’audiovisuel ;
- rappeler que ses adhérent·es évoluent sans salaire minimum, payés au forfait, dans un secteur où la sous-traitance est généralisée ;
- souligner l’absence de protection sociale de leurs membres pour les accidents du travail et les maladies professionnelles quand ils sont non-salarié·es au titre de leur activité créatrice.
La GARRD est d’autant plus inquiète que le secteur est confronté à une chute de commandes qui s’accompagne de budgets revus à la baisse, tant dans le secteur privé que public. La perspective d’une casse sociale inédite alarme ses représentants. À ce titre, elle rappelle qu’aux termes de ses deux études menées sur la souffrance au travail , la rémunération jugée insuffisante et le manque de moyens consacrés aux projets sont les premiers motifs structurels de cette souffrance. Plus largement, l’insécurité de la situation au travail, l’incertitude sur l’avenir de son métier est l’un des six facteurs de risques psychosociaux.
La Guilde regrette que les préconisations de la mission ne viennent alimenter le débat public. Elle relève notamment que l’une des pistes visait à renforcer l’accompagnement des dirigeants des petites ou moyennes entreprises qui se sentent souvent démunis face à l’épuisement professionnel de leurs salarié·es et de leurs auteur·ices. Or, le secteur de l’audiovisuel est formé d’un tissu de petites sociétés de production qui emploient des auteur·ices ou des réalisateur·ices au projet. La GARRD constate au quotidien, dans la défense de ses membres, que les dirigeants de ces sociétés ne prennent pas la mesure de l’ampleur de la souffrance de leurs employé·es ou collaborateur·ices par manque de formation le plus souvent.
La GARRD remercie la mission du travail accompli et de son initiative qu’elle estime nécessaire.
Elle réaffirme que la santé mentale est un enjeu majeur et rappelle qu’elle a été reconduite grande cause nationale en 2026.
Ce rapport enterré est un message dramatique de la part des élus qui préfèrent ignorer la « crise sanitaire » touchant toutes les catégories d’actifs. Cette faute peut être réparée, encore faut-il que les effets d’annonce ne servent pas de leurre pour masquer un manque d’ambition qui confine à l’indifférence.
Projet CP souffrance au travail MI.pdf
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